AVENIR ET LA PERENNITE DE LA SNSM

 Dans A l'Assemblée Nationale, Actualités

Une table ronde sur l’avenir et la pérennité de la SNSM a été organisée à l’initiative de Elisabeth Borne, Ministre de la Transition écologique et solidaire.

Sophie Panonacle a eu  le plaisir de présenter ses propositions d’amélioration de la formation des sauveteurs en mer bénévoles.
Des mesures seront annoncées lors du prochain Conseil Interministériel de la Mer (CIMER).

L’ensemble des acteurs impliqués dans le sauvetage en mer ont pu débattre et mettre en commun, des perspectives et proposer des mesures concrètes.

La SNSM, cette association qui remplit une mission d’utilité publique a besoin de notre indéfectible soutien. Toutes et tous, nous saluons le travail et l’implication exemplaire de l’ensemble des salariés et bénévoles de la SNSM. Nous pouvons avoir parfois tendance à oublier que ces femmes et ses hommes mobilisent toute leur énergie pour assurer la sécurité de nos concitoyens en mer et sur les plages, au risque de leur vie. C’est pourquoi, nous devons donner les moyens indispensables à la SNSM pour réaliser ses missions dans les meilleures conditions de sécurité y compris pour eux même.

Aujourd’hui, l’association peut compter sur l’engagement de 80 formateurs bénévoles expérimentés pour environ 2 000 sauveteurs actifs formés chaque année, dont 500 nouveaux. En confrontant ces chiffres avec la réalité du terrain, Sophie Panonacle a ouvert la « boîte noire » de la formation des bénévoles.

Des rencontres de représentants de la SNSM à différents niveaux de responsabilité, ont été organisées à l’échelle nationale, au siège de l’association à Paris, ou encore au Pôle national de formation à Saint-Nazaire, mais aussi au plus près des formateurs locaux à Arcachon et à Arès dans la circonscription.

À tous les échelons, le bilan que l’on peut en dresser retient de nombreuses difficultés :

  •  Seulement 1/3 des équipages sont issus des professionnels de la mer,
  • La moitié de la formation des patrons d’équipage n’est pas assurée, et la formation des canotiers, par compagnonnage, n’est pas correctement réalisée et évaluée.

Ce constat laisse transparaître un réel problème de recrutement.  Le nombre de formateurs reste insuffisant pour assurer la disponibilité permanente des équipages. Pourtant, dans ce contexte, la SNSM continue d’assurer, avec les moyens du bord, près de 2/3 des interventions de secours en mer. Afin de mener à bien cette mission d’exception, il est indispensable de garantir aux bénévoles une formation ajustée aux transformations du sauvetage en mer. Autrement dit, la formation doit être plus professionnelle, soutenue par des moyens et équipements techniquement supérieurs. À cet égard, la SNSM a développé un plan de formation des sauveteurs prenant en compte tous ces aspects mais n’a pas les moyens financiers de le mettre en oeuvre. Les entretiens menés sur le terrain par Sophie Panonacle ont également permis de lever le voile sur les attentes en matière de recrutement. À plus ou moins long-terme on estime les besoins de moyens humains :

  • À 4 formateurs salariés supplémentaires pour la formation des patrons, au PNF de Saint-Nazaire.
  • À 20 formateurs salariés supplémentaires pour la formation des bénévoles nageurs-sauveteurs et sauveteurs embarqués dans les 32 CFI.

Des pré requis sont indispensables à toutes solutions, notamment, la reconnaissance de l’ensemble des formations labellisées SNSM. Cette reconnaissance constitue le sésame du financement des formations adaptées aux besoins et aux évolutions du sauvetage en mer.

Nous devons, à juste titre, nous préoccuper de l’avenir du modèle de bénévolat, à la fois le coeur et la force de la SNSM. Son principe de fonctionnement ne doit, à aucun moment, être remis en question.
Une ingérence trop intrusive serait mai comprise, même si la SNSM a un besoin impérieux de nouveaux moyens qui ne doivent pas exclusivement venir du budget de l’Etat. Des solutions peuvent être trouvées pour permettre à la SNSM de dispenser des formations de qualité à ses bénévoles, sans compromettre son modèle ni son système de soutien des mécènes et des donateurs.
Nous savons tous qu’un financement trop important de la part de l’État risquerait de fragiliser la SNSM dans ses fondements.

C’est dans cet esprit que Sophie Panonacle propose que la formation des bénévoles s’inscrive dans le cadre de France Compétences, la nouvelle autorité nationale de financement et de régulation de la formation professionnelle et de l’apprentissage. Certaines formations de la SNSM seraient alors éligibles au système de financement par les cotisations des entreprises. Les formations propres à la SNSM, comme par exemple, la Sécurité & Sauvetage Aquatique littorale mention pilotage, formation complète d’au moins 42 heures, pourraient effectivement être financées au titre du Répertoire spécifique de France Compétences. Dans la majeure partie des cas, les formations délivrées par la SNSM ouvrent aux bénévoles l’accès à l’emploi saisonnier salarié. C’est sur cette base que certaines formations pourraient être financées, à condition bien sûr de démontrer des valeurs d’usage, de présenter un référentiel de compétences et un référentiel d’évaluation.

Cette piste doit être ouverte. Car elle apporte, pour une grand part, la solution au financement des formations des bénévoles.

Pour finir, il faut insister sur un aspect qui me semble particulièrement central dans ce débat. Il n’est plus envisageable que des bénévoles assument leurs frais de déplacements et autres dépenses induites dans le cadre de leur formation. De même, il est temps que les dépenses directement issues de leur mission de service publique soient prises en charge. Une solution de remboursement doit être envisagée. Par ailleurs, les formations des bénévoles ne devraient plus se faire sur le temps de congés, mais devraient être intégrées au temps salarié sous certaines conditions, à l’instar des réservistes opérationnels de nos Forces armées.
À cela s’ajoute un autre aspect, intimement lié à la spécificité de la mission des bénévoles du sauvetage en mer : la question de la reconnaissance de la Nation. Il faut envoyer un signal fort à celles et à ceux qui accomplissent cette mission de service public. Pour les enfants de sauveteurs péris en mer, ne devons nous pas envisager la qualité de pupilles de la nation ? Un autre geste de gratitude pourrait, par exemple, s’incarner par l’octroi de trimestres de retraites selon la durée d’engagement du bénévole : 2 ans de bénévolat pourraient être récompensés par un trimestre de retraite supplémentaire.

Voici des propositions pour la condition des bénévoles de la SNSM et plus particulièrement sur les questions de la formation et de la reconnaissance de leur engagement.

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