AUDITION DE SOPHIE CLUZEL, SECRETAIRE D’ETAT AUPRES DU PREMIER MINISTRE CHARGEE DES PERSONNES HANDICAPEES, DANS LE CADRE DU GRENELLE DES VIOLENCES CONJUGALES

 Dans A l'Assemblée Nationale, Actualités

Malgré l’absence de statistiques de source officielle nationale précises, tout concorde pour nous alerter sur l’exposition particulière des femmes en situation de handicap aux violences notamment conjugales, car les deux phénomènes sont liés. Pour mémoire, on estime que 4 femmes handicapées sur 5 sont victimes de violences et que 34% des femmes handicapées ont subi des violences physiques ou sexuelles de la part de leur partenaire, contre 19% des femmes dites valides.

Sophie Panonacle posé 2 questions à la Secrétaire d’État chargée des Personnes handicapées, Sophie Cluzel, lors de son audition dans le cadre de la mission d’élaboration du Livre Blanc de la Délégation sur la lutte contre les violences conjugales, mercredi 6 novembre.
Tout d’abord concernant l’aspect trop souvent oublié de la vulnérabilité économique aggravée. Il y a une réelle nécessité aujourd’hui de renforcer l’autonomie professionnelle et surtout financière. Or actuellement ce sont les revenus du conjoint qui sont pris en compte dans la base de calcul de l’Allocation aux Adultes Handicapés (AAH), si l’allocataire est mariée ou vit maritalement ou est liée par un pacte civil de solidarité. Ce qui entraine une relation de dépendance financière totale de la victime vis à vis de l’homme violent.
Elle a souhaité savoir si le Gouvernement, dans le cadre du Grenelle contre les violences conjugales, projette d’individualiser cette allocation pour éviter de pénaliser doublement les femmes en situation de Handicap, déjà victimes de violences conjugales ? Sans ce détachement et la mise en autonomie des droits des femmes en situation de handicap, il ne sera pas possible de les protéger des situations de violences au sein du couple.
La Secrétaire d’Etat a réaffirmé que le processus administratif en place permet, lors d’un éloignement d’une femme en situation de handicap d’un conjoint violent, d’accélérer la perception autonome de ses prestations.

D’autre part Sophie Panonacle a questionné Sophie Cluzel sur l’accueil et la prise en charge des victimes de violences, un des moments clés de la phase de mise sous protection. Or ceux-ci sont rarement adaptés aux femmes en situation de handicap. D’où la nécessité de leur garantir une information accessible sur leurs droits. Si diverses structures médicales en France, dont le Centre Hospitalier universitaire Charles Perrens de Bordeaux, développement des outils spécifiques de communication à l’attention des médecins, il demeure que la systématisation de la démarche inclusive n’est pas encore une réalité ni dans la prise de plainte ou ni de main courante auprès des forces de sécurité.
Elle a demandé au Gouvernement, dans le cadre du Grenelle contre les violences conjugales, s’il projette de généraliser l’adaptation inclusive des documents d’information et de formation sur les violences faites aux femmes pour qu’ils puissent plus efficacement leur être diffusés ? S’il projette des formations spécifiques pour un accueil inclusif ?
La secrétaire d’Etat Sophie Cluzel a réaffirmé la culture du « Y compris » qui concerne les femmes en situation de handicap lors de leur accueil au moment d’une situation de violence. Il y a en effet nécessité de prise en charge avec une même qualité de réception. C’est aussi le rôle fondamental des aidants. Pour autant il ne faut pas minorer les problèmes d’accessibilité physique.

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